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Scènes (2)

Chapitre 5 — Le Convoi Royal

1. La Convocation

À ce moment-là...

Astaria se trouvait dans la maison familiale.

Sa tante, Giselle, lui parlait d'un ton sérieux.

— Tu as maintenant vingt et un ans... il est temps que tu trouves un mari.

Astaria laissa échapper un doux soupir.

— Je comprends tes inquiétudes, ma tante... mais je ne me sens pas prête pour la vie maritale.

Giselle croisa les bras.

— Rien qu'aujourd'hui, j'ai reçu une nouvelle demande en mariage pour toi.

Elle leva un doigt.

— La septième cette semaine.

Elle soupira.

— Ta beauté ne passe pas inaperçue.

Astaria baissa légèrement les yeux.

— J'ai seulement peur de décevoir ceux qui me demandent.

Giselle secoua la tête.

— Je ne sais pas combien de temps encore on pourra gérer cette pression.

Sa voix se fit plus lourde.

— Si un noble s'intéresse à toi... il sera difficile de refuser.

Astaria murmura doucement :

— J'espère que cela n'arrivera jamais...

TOC TOC TOC

Un coup soudain résonna à la porte.

Une voix grave se fit entendre depuis l'extérieur :

— La femme connue sous le nom d'Astaria Rusler est-elle présente ?

Giselle se précipita pour répondre.

Elle ouvrit la porte...

Et vit un homme qu'elle connaissait bien.

— Monsieur Reiness ?

Elle fronça les sourcils.

— Que veut la guilde des marchands, à ma nièce ?

Puis elle ajouta, avec un sourire moqueur :

— Ne me dites pas que vous aussi, vous voulez ma nièce ?

Reiness soupira.

— Je suis déjà marié, Giselle.

Il lui tendit une lettre scellée.

— Là n'est pas la question.

Sa voix se fit sérieuse.

— Nous avons reçu un ordre royal.

Il marqua une pause.

— Astaria doit être conduite à la capitale, dans un délai de quatre jours.

Il ajouta, fermement :

— Cet ordre prend effet immédiatement.

Giselle prit la lettre.

Elle examina le sceau.

Ses yeux s'écarquillèrent légèrement.

— Il est authentique...

Elle releva les yeux.

— Mais aucune raison n'est indiquée.

À cet instant...

Astaria sortit à son tour.

— Que se passe-t-il ?

Giselle se tourna vers elle.

— Il semblerait que tu sois convoquée à la capitale... par la famille royale.

Astaria fronça légèrement les sourcils.

— Pour quelle raison ?

Giselle haussa les épaules.

— Je ne sais pas.

Puis elle sourit, taquine.

— Peut-être que le prince veut te revoir.

Elle ajouta :

— Après tout... cela fait trois ans... et vous n'avez jamais échangé la moindre lettre.

Elle observa sa réaction.

— Ça ne m'étonnerait pas qu'il soit à ce point impatient.

Astaria resta silencieuse quelques instants.

— Je vois...

Giselle plissa les yeux.

— Tu n'as pas l'air heureuse.

Astaria prit une lente inspiration.

— C'est juste que... je ne suis pas à l'aise à l'idée de quitter le village aussi soudainement.

Elle regarda Reiness.

— Puis-je rester encore deux jours, avant de partir ?

Reiness secoua lentement la tête.

— Nous partons immédiatement.

Il tapota la lettre.

— C'est écrit noir sur blanc.

Astaria baissa légèrement le regard.

— Je vois...

Sa voix faiblit.

— Je n'aurai donc même pas le temps de dire au revoir...

Giselle posa une main sur son épaule.

— Ne t'inquiète pas.

Elle sourit faiblement.

— Si tu as de la chance... tu reviendras escortée par des soldats...

Elle la regarda intensément.

— Avec un nouveau statut.

Astaria secoua doucement la tête.

— Je ne me vois pas ainsi...

Elle prit une profonde inspiration.

— Mais voyons ce que cela nous réserve.

Giselle acquiesça.

— Prends tes plus belles robes.

Elle ajouta, fermement :

— Tu ne dois pas donner une mauvaise impression.

2. La Route

Peu après...

Astaria fit ses adieux à ses cousins.

Puis à sa tante.

Le cœur lourd.

Elle était triste de les laisser derrière elle...

Mais elle n'avait pas le choix.

Ils partirent à cheval, avec Reiness.

Le voyage dura trois jours...

Et trois nuits.

Sans véritable repos.

Sans réel répit.

Puis...

Au matin du quatrième jour...

Ils atteignirent enfin les abords de la capitale.

Reiness ralentit son cheval.

Il tendit quelque chose à Astaria.

Un simple masque de tissu.

— Tiens.

Sa voix se fit sérieuse.

— Ce n'est pas aussi efficace qu'un masque de peste à bec...

Il regarda vers la ville, au loin.

— Mais c'est mieux que rien.

Il ajouta :

— La peste se répand dans les rues.

Un frisson parcourut le corps d'Astaria.

Elle prit lentement le masque.

Puis le mit.

Ils avancèrent lentement vers la capitale.

Et franchirent les portes.

Une odeur étrange flottait dans l'air.

Une odeur lourde.

Écœurante.

Des silhouettes se déplaçaient lentement dans les rues.

Certaines toussaient.

D'autres étaient transportées sur des charrettes...

Recouvertes de draps.

Le silence pesait sur la ville.

Même les cloches semblaient sonner plus lentement.

Comme si la mort elle-même...

Avait élu domicile ici.