Chapitre 10 — L'Ultimatum
1. Le Destroyer
Sur la passerelle, Seon et son officier observaient, aux jumelles, le destroyer qui venait de s'arrêter.
Puis, soudain, la radio se mit à grésiller.
Seon se précipita vers elle. Le signal, encore brouillé, devint progressivement clair.
— Seelowe, ici le commandant Clint Walker, du destroyer William Pimbert. Est-ce que vous m'entendez ?
— Ici le commandant Seon, du Seelowe. Je vous reçois cinq sur cinq.
— Nous avons été envoyés par l'Empire d'Eucarion, afin de vous secourir. Quelle est votre situation actuelle ?
— Nous sommes coincés sur la banquise depuis hier, et nous avons des pertes à déplorer.
— Bien. Combien de survivants avez-vous à bord ?
— Nous avons—
Il s'arrêta net. Il regarda le destroyer, une nouvelle fois, et hésita.
Puis, par prudence, il donna un faux nombre.
— Nous n'avons que neuf survivants.
— Bien. J'envoie une unité de sauvetage.
La communication se coupa.
— Pourquoi avoir menti ? demanda l'officier. Nous devrions être dans la vingtaine.
— Réfléchis un peu. Que ferait un destroyer eucarien, sur ces eaux ? Nous sommes extrêmement loin de la juridiction de l'Union — et encore plus loin de celle d'Eucarion. C'est un navire de Nilor, ou au pire d'Élise, qui devrait se trouver là. Leur présence n'augure rien de bon. Préviens les autres — seules neuf personnes, moi y compris, devraient être visibles. Que le reste se cache. Préparez des fusils.
2. Les Super-Soldats
Sur le destroyer, dix personnes, portant une armure semblable à celle de Johanna, sortirent — puis quittèrent le navire, et se mirent à courir sur la banquise, en direction du Seelowe, situé à un demi-kilomètre de là.
Ils finirent par atteindre le Seelowe, à moitié recouvert de glace, puis entrèrent, et se dirigèrent directement vers la passerelle.
Lorsqu'ils y pénétrèrent, neuf personnes s'y trouvaient — dont Seon.
3. Léon Lincoln
L'un des super-soldats eucares s'approcha, et parla.
— Enchanté. Je suis Léon Lincoln, second du William Pimbert.
— Je suis Seon, commandant du Seelowe.
— Faites-moi un rapport détaillé de la situation. Et de sa cause.
— Nous avons pénétré cette zone en naviguant vers le point WPA08, pour secourir le Winpal. Cependant, la glace nous a piégés. Beaucoup sont morts. Cette glace n'est pas normale.
— Je vois ça.
— Vous devriez déplacer votre destroyer au plus vite. Sinon, vous serez dans la même situation que nous.
— Laissez-moi contacter le commandant.
Léon sortit, laissant les neuf autres hommes dans la passerelle.
Un silence s'installa. Personne n'osait parler. Ils se contentaient de se regarder.
— Vos armures sont très belles, dit Seon.
Mais ils ne répondirent pas.
Puis Seon remarqua un détail : aucun d'eux n'avait de glace sur lui.
— Vous êtes venus en courant, n'est-ce pas ?
Personne ne répondit.
4. L'Ultimatum
Léon revint, sortit une tablette, et la déposa. Sur l'écran s'afficha le commandant Clint, en visioconférence.
— Enchanté. Vous devez être Seon ?
— Oui, c'est bien moi.
— Je suis Clint. Je vais aller droit au but. Vous voyez mes hommes, juste là ? Vous allez leur donner l'artefact que vous transportez. Et peut-être — peut-être — vous embarquerai-je avec nous.
— Je me doutais bien que l'Union n'enverrait pas un navire de guerre entier, pour secourir un simple paquebot tel que le nôtre.
— Que décidez-vous ? Nous gagnons du temps, et sortons tous d'ici vivants. Ou vous refusez — et vous périssez ici.
— Je ne vois pas de quoi vous parlez. Nous ne transportons que des marchandises, à destination de Nilor. Aucun artefact.
— Léon. Faites ce que vous avez à faire. Et repartez.
— Bien reçu.