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Scènes (5)

Chapitre 11 — Elay

1. Trois Invités

Une berline noire vint se garer en vitesse devant le manoir.

Trois personnes en descendirent : un homme, et deux femmes.

L'homme avait l'air charismatique, sûr de lui. La femme de gauche paraissait très taquine, vêtue de manière très provocante. L'autre avait des airs de sans-abri — les cheveux en désordre, cachant son visage, la posture épuisée, des vêtements débraillés.

Les trois marchèrent, et entrèrent dans le manoir.

Ils avancèrent dans les couloirs, guidés par l'homme, en direction d'Alfred, qui se trouvait avec Ida.

— Je vous souhaite la bienvenue, messire Pensal, dame Elay, dame Dialde.

— C'est aussi un plaisir, dit Pensal.

Il remarqua alors Ida.

— Mais qui voilà donc... L'invité spécial de Mireille.

C'est alors que Mireille arriva, et prit la parole.

— En effet. C'est mon invité.

Puis elle fit signe vers une pièce.

— Pouvons-nous parler en privé ?

— Hum ? Très bien.

Toujours souriant, Pensal la suivit.

— Je vous apporte du thé, dit Alfred.

— Oui, chéri — apporte-moi un thé bien chaud, dit Elay. Et toi, Dialde ?

— Peu importe.

Dialde se laissa tomber au sol, aussitôt après.

2. Le Regard de Dialde

Ida observait la scène, calmement. Mais il remarqua que Dialde le fixait, sans jamais détourner le regard.

Il regarda autour de lui, pour voir s'il y avait quelque chose — mais rien.

— C'est moi que vous fixez si intensément ?

— Oui, répondit Elay à sa place, avec son sourire provocateur. Qui d'autre ?

3. Elay

Soudain, Ida se mit à ressentir de la chaleur. Plus le temps passait, plus il avait chaud.

Il se mit à transpirer à grosses gouttes, et sa vue s'embrouilla.

— Dis-moi, comment t'appelles-tu ?

Il répondit, avec difficulté :

— Je suis Feri. Feri Jawal.

— Hum ? Non, petit coquin.

Elle s'approcha de lui, et redressa légèrement sa tête, du bout de l'index.

— Tu mens, mon chou.

Les yeux d'Ida se posèrent directement sur la poitrine généreuse d'Elay.

Puis, soudain, il remarqua que sa main gauche n'était plus qu'à quelques centimètres d'elle — et continuait d'avancer.

De sa main droite, il saisit sa main gauche.

La tentation était forte. La pulsion s'intensifiait.

— Qu'y a-t-il ? Tu ne réponds pas ?

— Je— je— je m'appelle... Ida.

— Continue.

— Ida... Nodgeas.

La tentation de la toucher était si forte qu'il parvenait à peine à se contenir — tout en s'y refusant de toutes ses forces.

— Pourquoi transpires-tu, Ida ?

— Je— je...

4. Le Prix de la Résistance

Dans la pièce voisine :

— Alors, nous faisons ainsi ? demanda Pensal.

— J'accepte votre proposition, répondit Mireille.

Puis ils entendirent le bruit d'un vase qui se brisait. En sortant, ils trouvèrent Ida à genoux, une large plaie au bras gauche — infligée avec un débris du vase brisé.

— Tu as utilisé la douleur pour contrer tes pulsions, dit Elay. Impressionnant. Je n'avais jamais vu ça.

— Vas-y doucement avec lui, Elay, dit Pensal.

Inquiète, Mireille se précipita vers Ida. En colère, elle dit :

— Ce n'est pas une situation amusante. Pourquoi faites-vous cela ?

— Tout va bien, dit Pensal. Elay testait simplement notre invité.

Puis il s'approcha d'Ida.

— J'ai un rapport complet sur toi, Ida Nodgeas. Voici ce que nous allons faire : tu resteras près de Mireille, tant que ton statut d'invité sera actif. Dans le cas contraire, je te livrerai à l'Union. Tes documents officiels, avec ta nouvelle identité, te seront livrés bientôt. Et surtout — tu n'as pas intérêt à la blesser, ou à la faire pleurer. Tu risquerais de fâcher les mauvaises personnes.

Des particules se mirent alors à sortir des mains de Pensal, et touchèrent Ida. Le sang revint dans son bras, et la plaie se referma, comme si le temps y reculait.

— Sois bien sage.

— Dialde, lève-toi. Nous partons, dit Pensal.

Dialde se leva, et suivit Pensal et Elay, qui sortaient déjà. Elle jeta un dernier regard vers Ida, avant de continuer à les suivre.

— Tu m'as chauffé, dit Pensal. Tu dois être punie.

— Passons chez moi, pour ma punition, dit Elay.

— Vous êtes dégoûtants, dit Dialde. Déposez-moi chez Héron.

5. Après Coup

— Ça va ? demanda Mireille.

Ida ferma les poings, sa colère montant — puis, soudain, se calma.

— Ça va, oui, dit-il, d'une voix calme.