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Scènes (2)

Chapitre 4 — Feri

1. Le Réveil

Le lendemain matin, Ida ouvrit les yeux. Au-dessus de lui, un plafond. Il tourna la tête, et comprit qu'il se trouvait dans une chambre.

Il voulut se redresser — quelque chose l'interpella. Sa main droite était bel et bien là. Ses blessures avaient disparu. Il était en pleine forme.

Il descendit du lit, et se dirigea vers la porte. En l'ouvrant, il tomba sur un salon, où se trouvaient deux filles.

Il remarqua aussitôt la fille aux cheveux blancs. Elle le remarqua aussi.

L'autre était en train de cuisiner. Elle se tourna, vit Ida à son tour, et dit, d'un ton amical :

— Oh, salut ! Tu es déjà réveillé ? Installe-toi, le petit-déjeuner sera bientôt prêt.

Sans un mot, Ida s'assit en face de la fille aux cheveux blancs.

L'autre arriva, en dressant la table.

— Tu dois te poser beaucoup de questions, mais pour l'instant, mangeons — tu dois avoir faim. Au fait, moi c'est Ginette. Et elle, c'est Mireille. Toi, comment tu t'appelles ?

Après avoir jeté un regard aux deux filles, il répondit d'une voix basse :

— I—

— Feri. Je suis Feri.

— Enchantée, Feri, dit Ginette.

— Enchantée, dit Mireille.

2. Luminariens

Ginette et Mireille se mirent à manger. Ida, lui, observait le repas — des toasts, une salade, du jus.

— Tu ne manges pas ? demanda Ginette.

Il la regarda d'abord, puis posa la question :

— Où sommes-nous ? Et pourquoi je suis ici ?

Ginette et Mireille échangèrent un regard. Ginette répondit :

— On est dans mon appartement, à Era. Hier, Mireille t'a trouvé mal en point, et t'a ramené.

Ida regarda ses mains, puis Ginette et Mireille, qui l'observaient.

— Tes blessures ? On a nos propres moyens. C'est un secret — je ne peux pas t'en dire plus.

Pour changer de sujet, elle prit l'une des tartines d'Ida, un peu de sa salade, mangea, et but une gorgée de son jus.

— Tu vois, c'est pas empoisonné. Tu devrais manger.

Avec méfiance, Ida se mit à manger — tout en fixant Mireille sans discontinuer.

Elle finit par s'en sentir gênée.

— Tu la connais ? demanda Ginette.

— Non.

— Mais tu n'arrêtes pas de la fixer.

— J'ai eu de mauvaises expériences avec des gens aux cheveux blancs.

— Tous les Luminariens ne sont pas pareils.

— Peut-être.

— Après ça, on ira faire quelques courses. Avec tes vêtements, on dirait que tu reviens d'une guerre — ils sont tachés de sang, et troués.