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Scènes (3)

Chapitre 20 — L'Aveu

1. Le Repos

Après avoir soigné tout le monde, l'équipe se reposa, tandis que le train poursuivait sa route.

Mais Ida continuait d'observer l'extérieur, à sa place habituelle.

Le Guérisseur vint le rejoindre, et s'assit près de lui.

— Tes phalanges te font toujours mal ?

— Non, ça va. Merci.

— Tu sais, tu peux te soigner toi-même. Tu es mon adepte.

— Il y a encore tant de choses que je dois apprendre. Et tant d'informations que je reçois. Ce n'est pas facile de tout assimiler, du coup.

— C'est juste.

— Tiens, par exemple, ce chevalier supérieur. Je n'avais jamais vu quelqu'un d'une telle puissance.

— Oui, il était fort. Mais il fait partie des plus faibles d'entre eux.

— Tu veux dire que ce type, en armure, fait partie des plus faibles ?

— Le gris est la couleur de base. Cela signifie que le chevalier supérieur est ordinaire. Ensuite, tu as l'argent — cela désigne un chevalier souvent associé à des missions spéciales, comme la traque d'un ennemi dangereux. Puis tu as l'or : eux sont plutôt affectés à la protection de personnalités importantes, comme des rois.

— C'est hallucinant. Et c'est tout, comme couleurs ?

— Non. Il existe aussi les spéciaux — ceux-là possèdent une couleur qui leur est propre, et portent un titre, souvent associé à leur couleur, ou aux capacités de leur armure. Ce sont les plus puissants. Et les plus honorés. Il y a, par exemple, le Chevalier Écarlate, au service de l'impératrice diterienne. Le Chevalier Blanc, au service de l'empereur d'Eucarion. Ou encore le Chevalier Noir, au service de l'empereur d'Astaria.

— Tu as l'air de t'y connaître.

— Hihi. Pas vrai ? Je suis un génie.

— Pas vraiment, dit Ida. D'ailleurs, je trouve que tu en sais beaucoup sur l'Union. Surtout lors de notre visite à M13 — tu en savais long sur les automates. Et maintenant, tu me parles de chevaliers.

Il hésita.

— C'est vrai... C'est parce que... je ne suis pas Tarien. Je viens de l'Union.

2. L'Aveu

Ida le regarda un moment, en silence.

— L'Union... Mais alors, que fais-tu ici ?

— Pour des raisons que je ne peux malheureusement pas te révéler. C'est aussi pour cela, ce masque. Et ce modificateur de voix.

— Je pensais que tu te cachais parce que tu étais si laid que tu avais honte de te montrer.

Le Guérisseur lui donna une petite tape sur l'épaule.

— Tu racontes n'importe quoi ! Je suis certainement la personne la plus magnifique que tu aies jamais rencontrée. Je suis d'une telle beauté que je pourrais avoir un harem, rien qu'à moi.

— Ouais, c'est ça. J'y crois.

— Mais je t'assure !

Un petit silence s'installa.

— Je peux te poser une question ? demanda Ida.

— Quoi donc ?

— Puisque tu viens de l'Union — que pensent ses habitants de tout ça ? De ce que nous subissons au quotidien, nous, les Tariens ?

— ... C'est compliqué à dire. Chacun a son avis. Chacun voit les choses à sa manière. D'autres n'ont aucune opinion. Certains pensent que la situation leur est profitable. Et d'autres pensent que tout ceci est inhumain.

— Et toi ? Qu'en penses-tu ?

— Je pense que ce que subissent les Tariens est injuste. Et ignoble. Mais ma voix ne vaut rien, face aux décisions d'en haut. Je ne suis rien. Et je ne peux rien, face à un système déjà en place.

3. Un Ami

— D'accord, dit Ida. Je comprends.

— Tu ne me détestes pas ? Je suis pourtant originaire de l'Union.

— Pas spécialement. Tu n'as rien fait de mal, à ce que je sache. Et en plus... je te considère comme un ami.

— C'est vrai ?

— Oui. J'aurais tant voulu te présenter aux autres. Karibudi. Feri. Valérie. Et Edd. Ils t'auraient apprécié. Surtout Feri — vous êtes tous les deux des gens si énergiques. Vous savez apporter de l'ambiance là où il n'y en a pas. Vous savez redonner espoir aux gens.

— Merci, dit le Guérisseur.