Chapitre 23 — Le Savoir Perdu
1. Le Matin
Lorsque le soleil commença à se lever, il n'y avait plus de Domos.
L'équipage était épuisé.
Pet poussa un long soupir, avant de dire :
— Enfin. On peut respirer.
— C'était intense, dit le Guérisseur. Digne d'une scène d'action de cinéma.
— Faut vraiment que tu ramènes tout aux films ? dit Johanna.
— Mais c'était intense ! Surtout quand l'ours est apparu, et que Renma l'a maîtrisé à coups de poing et de prises.
Ida observait, calmement, sans rien dire.
— Tu ne vas pas les rejoindre ? demanda Stef.
— Non, ça ira.
Ida marqua une pause.
— Ça va durer encore combien de temps, ce voyage ?
— Grâce au raccourci, on a gagné un jour. Donc, demain matin, si on ne s'arrête pas.
— On ne s'arrête pas.
— T'es pressé.
— Je veux juste pouvoir me reposer. Cette aventure est épuisante.
— Faut bouger, de temps en temps.
— Je me demandais... Qu'allons-nous faire, exactement, à Cora ?
— Tu verras, de tes propres yeux. Je te laisse la surprise.
Stef rentra dans la salle des machines.
Ida alla dormir. Les autres, tout aussi fatigués, se couchèrent également.
2. La Peur du Guérisseur
Après plusieurs heures de voyage, Ida se réveilla. Il tourna la tête — le Guérisseur se trouvait juste à côté de lui.
Il sursauta légèrement, ce qui fit sursauter le Guérisseur à son tour.
— Tu fais quoi, là ? Le train est spacieux.
— Hehe. Désolé. Je voulais simplement dormir à côté de quelqu'un. J'ai peur.
— De quoi aurais-tu peur ?
— Les Domos. Ils sont effrayants.
— Tu n'avais pourtant pas l'air d'avoir peur, cette nuit. Tu avais l'air de t'amuser.
— En effet. Mais quand on y regarde de plus près, c'est bien plus effrayant.
— Que veux-tu dire ?
— Un seul contact physique, et toi aussi, tu peux te transformer en Domos. C'est très contagieux. Et en plus, il paraît que c'est extrêmement douloureux. Plus douloureux que d'être brûlé vif.
— C'est une sorte de maladie ?
— Je ne sais pas. Je ne pense pas. On n'a jamais réussi à recueillir d'informations là-dessus. Tout ce qui a trait au Miasme reste très flou.
— Mais alors, comment l'Union a-t-elle fait pour concevoir une technologie capable de rendre aux Domos leur état d'origine ?
— C'est à l'impératrice rouge qu'on la doit. Peut-être savait-elle quelque chose. Après sa mort, tout ce savoir est parti avec elle — les connaissances sur les trains de colonie, la conception des cités flottantes, le Naxus, et tant d'autres choses. L'Union n'a jamais réussi à reproduire ce qu'elle a fait. On essaie de vivre avec ses créations, on essaie d'en concevoir de nouvelles, même si rien n'égale ce qu'elle a conçu. Et, étonnamment, il est impossible d'étudier ses créations.
— Pourquoi donc ?
— Je l'ignore, malheureusement.