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Scènes (3)

Chapitre 8 — La Première Leçon

1. Les Intrus

Des ombres s'approchèrent du tunnel. Entrèrent.

Elles se dirigèrent vers le train.

— On dirait que c'est vraiment notre jour de chance, fit une voix.

— Héhéhé... J'aurais jamais cru trouver un train de colonie abandonné en si bon état, ajouta une autre.

— Dépêchons-nous.

Ils ouvrirent la porte.

Cinq hommes entrèrent dans l'O0.

Chacun tenait un objet métallique — de quoi frapper. De quoi se défendre.

L'un se dirigea vers la salle des machines, à gauche. Un autre inspecta la droite.

— Là-bas... y a un gars allongé, là-bas.

Ida entendit les voix. Il se releva, et vit ces hommes, debout dans le train.

Ses yeux s'écarquillèrent — d'étonnement, et de joie à la fois. Il voyait des gens. Enfin. De vraies personnes.

— Est-ce que vous êtes réels ?

— Il délire, ou quoi ?

— Regardez sa tenue. Il vient sûrement d'une colonie.

— J'ai une idée, dit un autre. Et si on le recrutait ? Il pourrait nous être utile.

— Ouais... t'as pas tort.

C'est alors que celui qui était entré dans la salle des machines ressortit — avec Eucate.

— Hé, les gars ! Regardez ce que j'ai trouvé ! Une jolie prise, comme on n'en croise pas tous les jours.

L'un des hommes s'adressa à Ida.

— Hé, toi, là-bas. C'est ta copine ? Si c'est le cas... dommage pour toi. Elle nous appartient, désormais. Et je compte bien en profiter.

Ida comprit immédiatement que ces hommes n'avaient rien de bienveillant.

— Vous n'êtes pas des héros...

Ils éclatèrent tous de rire.

— On lui a vraiment bien lavé le cerveau, à celui-là. Il croit qu'on est des héros ! Quel gros con.

— Je vais lui remettre les idées en place, dit un autre. Ne commencez pas avec la femme sans moi, les gars.

Il se dirigea vers Ida, son bâton de métal à la main.

Ida se mit en position de combat.

— Quel abruti.

2. Le Combat

L'homme tenta de frapper Ida avec le bâton.

Ida encaissa. Puis lui rendit un coup de poing.

— T'es suicidaire, toi.

Le combat se poursuivit sur ce rythme. Mais les coups de bâton commencèrent à faire effet — Ida perdait de l'endurance.

— Tu atteins ta limite ?

L'homme sortit un couteau, et voulut le planter dans Ida.

Ida esquiva. Rapidement.

Et soudain, l'environnement, autour de l'homme, se mit à tourner.

Quelque chose heurta son dos. Puis sa tête.

Il leva les yeux — Ida semblait, d'un coup, plus grand.

Il était au sol.

Il se releva d'un bond, tenta de le poignarder encore. Mais Ida esquivait chacun de ses coups, tout en le rouant des siens.

Dans un dernier élan de désespoir, l'homme se jeta sur lui pour le soulever.

Ida lui asséna un coup dans le dos.

Il tomba.

Il leva les yeux vers Ida, qui l'acheva d'un coup puissant, en plein visage.

Ida se releva. Regarda autour de lui.

Eucate le fixait.

Les quatre autres hommes gisaient au sol — déjà battus.

— Sérieusement !?

3. Sang-Froid

Quelques minutes plus tard, Stef entra dans le train. Eucate s'occupait des blessures d'Ida.

— Eh bien, dit Stef. J'ai raté un épisode.

Eucate interrompit son geste. Recula.

— J'ai envie de t'en mettre une, dit Ida. Mais je parie que la folle va m'en empêcher.

— Je vois que vous avez fait connaissance.

Stef remarqua les cinq hommes, attachés et bâillonnés, au sol.

L'un d'eux tenta de parler.

En vain.

— Hum ? Qu'est-ce que tu dis ? J'entends rien.

— Si tu veux entendre, libère sa bouche, dit Ida.

— Pas besoin.

Il sortit une arme.

Tira cinq fois.

Un coup. Pour chaque tête.

Les cinq hommes s'effondrèrent.

Ida ne réagit pas.

Il regardait. C'est tout.

— Je m'attendais à une réaction de ta part, dit Stef. Tu as l'habitude de voir des morts, pour rester aussi impassible ?

— ...

— Peu importe. Eucate.

— Oui.

Elle s'activa aussitôt. Débarrassa les corps. Se mit à nettoyer.

Ida observait, quand Stef vint s'asseoir à côté de lui.

— Ce monde est malheureusement cruel. Ces gens-là ont eu ce qu'ils méritaient, tu ne crois pas ?

— L'un d'entre eux a parlé d'une colonie...

— J'imagine que tu as beaucoup de questions. Mais je ne peux pas y répondre.

Ida se tourna vers lui.

— Le problème, avec toi, c'est que tu ne crois pas facilement ce que JE te dis. Tu te méfies trop. Alors je préfère que tu voies, plutôt que je parle. C'est mieux, pour nous deux. Tu comprendras tout, le moment venu. Pour l'instant... observe.

Il se leva.

— Il est préférable que j'explique ce que tu vois, plutôt que ce que tu n'as pas encore vu.