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Scènes (4)

Chapitre 38 — Dzula

1. Le Moustique

Dans le désert, l'homme se mit à marcher, doucement, vers Eoga.

— Eoga ! cria Ilma.

Il s'arrêta. Il glissa son auriculaire droit dans son oreille droite.

— Tiens. J'ai cru entendre un moustique.

Du coin de l'œil, il jeta un regard menaçant à Ilma, qui se figea sur place.

— Hum... J'ai dû rêver.

Amira tourna légèrement la tête vers Ilma. L'homme la regarda à son tour.

— J'ai cru voir la statue bouger.

Il le dit avec un regard tout aussi menaçant, qui figea Amira de peur.

— Hum... Encore une illusion. Je devrais dormir un peu. Fleur de l'Âge m'avait dit que, pour être en forme, il faut dormir assez longtemps.

2. Approche

Eoga se releva. Il saignait du nez, mais l'essuya, et cria :

— C'est tout !?

Il se mit en position de combat.

— Approche, qu'on en finisse !

L'homme le regarda, d'abord surpris — puis afficha un très grand sourire, et éclata de rire.

— HAHAHAHA ! TU ME PLAIS, TOI !

Il se déplaça si vite vers lui qu'Eoga n'eut le temps de cligner des yeux qu'une seule fois avant de le trouver déjà à ses côtés, un bras passé autour de son épaule.

— Je veux te connaître. Et si on s'asseyait, et que tu me racontais ton histoire ? Peut-être que je ferais de toi mon disciple. T'en dis quoi ?

Eoga lui lança un regard menaçant — mais l'homme l'était bien davantage. Voyant qu'il n'avait aucune chance, il répondit :

— D'accord...

— Bien ! Dis-moi d'abord comment tu t'appelles, mon gars.

— Eoga.

— Enchanté, Eoga. Moi, c'est le Guerrier — mais toi, je te laisse m'appeler Dzula.

3. Dzula

— Allons nous asseoir près de l'oasis, dit Dzula.

Ils s'en approchèrent. Ilma voulut se retourner, pour regarder.

— J'ai encore cru voir la statue bouger..., dit Dzula. Peut-être devrais-je la fracasser, pour être sûr que c'est bien une vraie statue.

Ilma se figea de nouveau, et ne bougea plus.

Eoga et Dzula s'assirent.

— Alors, Eoga. C'est quoi, ton histoire ? Qu'est-ce qui te motive à te battre ainsi ?

4. L'Histoire d'Eoga

— Mon père.

— Ton père t'envoie combattre ?

— Non. Je peux pas le blairer. Ce type est exigeant — il répète, à chaque fois : « Utilise ta tête, tu n'arriveras à rien, dans la vie. T'es qu'un tas de muscles. » Et moi, ça me fout en rogne. J'ai cette passion pour le combat, mais lui, il veut que je ressemble à ces bons nobles de province.

Il serra le poing.

— Je suis ici pour lui montrer que les poings parlent mieux que la bouche !

— HAHAHAHA ! T'es le meilleur, Eoga ! Je t'aime bien, toi !

Dzula reprit :

— Le Prémoniteur me répétait des trucs pareils. Je pouvais pas le blairer, lui non plus. J'avais envie de lui mettre mon poing dans la face...

Ils se mirent à discuter, dans le désert, tandis qu'Ilma et Amira restaient sans bouger.