Chapitre 41 — L'Archère
1. Les Avatars du Passé
Roger se rassit.
— Cela ne peut être possible.
— Comment pouvons-nous être sûrs qu'il s'agisse bien de Luminara ? demanda Melanie. La mère du peuple luminarien...
— Si l'on observe de plus près, dit Roger, tous ces avatars semblent être des gens ayant probablement vécu à une époque lointaine — avant même la création de l'Ordre des Gardiens. Mais une question reste en suspens : comment Acade a-t-il pu obtenir toutes ces informations ? Le visage, les capacités, et tout ce qui concerne ces personnes ?
— Mais aussi, comment ont-ils pu recréer leurs Héritages ? reprit Melanie. Si je ne m'abuse, celui de la Sainte est actuellement détenu par Stella Shaon. Il devrait donc être impossible de le reproduire. S'agit-il des Facteurs ?
— Je ne crois pas que ce soit cela, dit Roger. Les Gardiens détiennent les restes des Facteurs en leur possession. De plus, ce n'est pas seulement leur pouvoir qui a été recopié, mais aussi leur corps, et leurs souvenirs. Quel pouvoir serait capable d'une telle chose ?
— Il ne manquerait plus qu'ils fassent apparaître Astaria Rusler, dit Melanie. Ou l'impératrice rouge, elle-même.
— J'espère que cela n'arrivera pas, dit Roger.
2. La Terre Sainte
Pendant ce temps, dans le labyrinthe, le domaine de Luminara atteignit également l'endroit où se trouvaient Jamila, Rime et Api. La lumière dorée se répandit au sol, et soigna tout le monde.
— Qu'est-ce qui se passe ? demanda Rime.
— Cette lumière..., dit Jamila. Ça ressemble au pouvoir de la Sainte.
— Tu veux dire que la Sainte Lumea serait ici ?
— C'est probable. Quand on observe la situation, ça expliquerait beaucoup de choses. J'y pensais déjà, mais je ne voulais pas vraiment l'accepter. C'est pourtant la seule explication : ces avatars sont des personnages du passé, ramenés à la vie.
— Si c'est le cas, dit Rime, la lumière dorée de tout à l'heure, c'était celle d'Astaria ?
— On n'en est pas sûrs. Ça pourrait tout aussi bien être celle de la Sainte qui l'a précédée. Luminara.
— Il se déplace !
— Donne-moi sa position !
Jamila se leva, et se mit à courir.
— À deux heures ! Sur les arbres !
Elle regarda, vit les feuilles bouger, et tira plusieurs fléchettes, qui atteignirent leur cible. L'autre lui répondit par deux flèches, qui changèrent de trajectoire en plein vol, pour la toucher à la jambe, et au bras — mais elle fut aussitôt guérie, sous l'effet du domaine de la Terre Sainte.
— Il s'est arrêté, dit Rime.
— J'ai vu ça.
3. Et ce n'est pas « il », mais « elle »
La silhouette descendit de l'arbre, et se mit à marcher vers Jamila, les fléchettes de celle-ci à la main.
— Il marche vers toi ! dit Rime.
— Je vois.
Elle s'arrêta à quelques mètres de Jamila, et retira sa capuche — laissant apparaître le visage d'une femme, aux traits moramiens.
— Et c'est pas « il », dit Jamila. Mais « elle ».