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Scènes (4)

Chapitre 9 — L'Espionne

1. L'Hôtel

Le calme régnait dans le SUV de luxe. Personne n'osait ouvrir la bouche. Au volant, Mayuri conduisait les cinq candidats à travers la cité d'Era, animée par ses habitants.

Ils arrivèrent devant un grand hôtel de luxe, et en descendirent.

— C'est vraiment grand, dit Farad. On dirait un palace pour nobles.

— Il y a plein de caméras de surveillance, et d'écrans, dit Rime. Je me demande si la sécurité cybernétique de l'hôtel est à la hauteur.

— Comme palace, c'est passable, dit Eoga.

Jamila, elle, observait le hall en silence. Rien de tout cela ne semblait la surprendre. Ingene, lui, ne leva même pas les yeux.

Ils entrèrent dans le hall, où un homme les attendait. Il remit les clés à Mayuri — qui se mit à les distribuer à chacun, avant de se rendre compte qu'il en restait une.

— Je ne comprends pas..., dit-elle.

Ingene saisit la main de Farad, et la leva.

— C'est pour lui.

Mayuri remarqua alors Farad, et s'excusa.

— Désolée. Je t'avais oublié.

— C'est normal.

Elle reprit la parole :

— Rendez-vous dans la suite du dernier étage, à dix-neuf heures. Entre-temps, vous pouvez faire ce que vous voulez. Excepté toi, Ingene — tu es toujours en situation irrégulière, alors tu resteras dans ta chambre.

Chacun prit ses affaires, et monta vers sa chambre — sauf Ingene et Farad, qui ne possédaient rien du tout.

— J'ai l'impression de rêver, dit Farad. Je n'aurais jamais cru mettre les pieds dans un tel endroit. Et toi ?

— Peu importe.

Ingene monta dans sa chambre. Farad fit de même.

2. L'Espionne

Une fois installé, Eoga ressortit, pour vaquer à ses occupations — direction la salle de sport de l'hôtel.

Rime, lui, sortit un nouveau terminal, et déploya ses drones pour espionner tout le monde, tout en forçant le pare-feu de l'hôtel pour accéder à ses données.

L'un de ses drones arriva près d'un balcon, où se trouvait Jamila. Elle prit le téléphone fixe, et composa un numéro.

— Tiens, tiens, tiens, murmura Rime. Qu'avons-nous là ? Une espionne ?

— Allô, dit Jamila. Oui, j'ai été sélectionnée. Nilor n'aura qu'une seule équipe. Il y a un jeune garçon plutôt frimeur, un taureau brutal, un geek avec des drones, et un type étrange.

— Un geek ? Moi ? dit Rime. Ce n'est pas faux.

— Comment va Roro ? reprit Jamila. Peux-tu me la passer ?

— Roro... C'est qui, celle-là ? Et Jamila... Jamila comment, déjà ? Ah, oui. Nafista. Voyons voir ce que tu caches.

Rime sortit son ordinateur portable, et se mit à fouiller.

— Bingo. La maison Nafista... Une maison moramienne. Pfft, rien de concret. Ah, le registre des membres de la famille. Alors...

Il poursuivit :

— Jamila... Jamila... Aucune Jamila. Pas de trace de toi dans ta propre famille. Intéressant.

Il regarda son terminal : Jamila venait de raccrocher.

— T'es cuite, Jamila.

3. Le Punching-Ball

Pendant ce temps, Eoga frappait un punching-ball, dans la salle de sport. Plus il frappait, plus des souvenirs remontaient. Plus il frappait fort.

Échec !

Échec, et encore un échec !

Quand vas-tu prendre conscience de ton rôle ?

Réfléchis avec ta tête, et non avec tes muscles !

Tu ne pourras jamais rien faire de ta vie. Tu es un raté.

Il donna un coup si violent que le punching-ball se détacha, et alla s'écraser un peu plus loin.

Ceux qui se trouvaient dans la salle se tournèrent pour regarder.

Eoga, en nage, respirait fort.

— PUTAIN !

Il quitta la salle à grands pas.

Une caméra de surveillance enregistrait toute la scène.

4. Surveillance Partagée

De l'autre côté de l'hôtel, Pensal était allongé, dos contre le lit, dans le noir, une tablette à la main — changeant de caméra en caméra, observant chaque candidat.

Une main se mit alors à glisser sur lui, remontant lentement, avant qu'Elay n'apparaisse dans la lumière de l'écran.

— C'est malpoli, d'espionner sans permission.

— On va dire que chacun d'eux représente une menace nationale. C'est valable, comme excuse ?

— Seulement si tu es encore capable de me dompter.

Pensal déposa la tablette.

— As-tu oublié qui est devant toi ?

Il se jeta alors sur elle.

La tablette, posée là, affichait toujours un écran — celui de Mayuri, dans sa chambre, en train d'écrire quelque chose dans un bloc-notes.