Chapitre 90 — Les Yeux de la Lune
1. Une Mère
— Tes actions sont irréfléchies, dit Lalida. Abandonne, et rentrons.
— Pardonne-moi, mère, mais je dois le faire.
— N'as-tu donc aucune peine pour ta mère, qui s'inquiète pour toi ? Désires-tu que je souffre... encore ? Et ta sœur ?
Elle reprit :
— J'ai cru te perdre durant la troisième épreuve.
— Si je suis en danger, je déclarerai forfait. Je te le promets, mère.
— Elle l'a promis, dit Balzer. Tu peux la laisser.
— Ne comprends-tu pas ma douleur, Balzer ?
— Je comprends. Je suis moi aussi inquiet. Mais elle a conscience des risques. Laisse-la continuer : elle a dit qu'elle abandonnerait si elle était en danger.
— Si quelque chose lui arrive, tu me rendras des comptes.
Puis Lalida partit.
2. Un Oncle
— Merci, oncle Balzer, dit Lila.
— Sois prudente, et ne force pas. Ta mère a déjà perdu un fils, et ne veut pas perdre une fille de plus.
— Je sais... Je serai prudente.
Amina arriva.
— Je vous laisse, dit Balzer. Vous avez des choses à vous dire.
Puis Balzer partit.
3. Une Amie
— Amina, je...
— Non. Je ne veux pas entendre tes excuses. Pourquoi as-tu fait ça ?
— Pour vous protéger.
— Tu ne peux pas décider cela toute seule.
— Vous avez failli mourir. Je m'en veux énormément.
— Pourquoi ne pas nous l'avoir demandé, alors ?
— Parce que tu refuserais.
— C'est vrai.
— C'était soit cela, soit les yeux de la Lune.
— Là, par contre, je ne t'aurais jamais pardonné.
— Je sais...
Elle reprit :
— Donc tu me pardonnes ?
— Bien sûr. Tu es ma meilleure amie.
Lila sourit.
— Par contre, je veux que tu bottes le cul de ce Valerius, dit Amina. Montre-lui qui domine. Montre-lui que personne ne plaisante avec Lila Tagiir.
— Je le ferai.