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Scènes (5)

Chapitre 32 — Le Juge Suprême

1. Le Juge Suprême

Quelque part dans le labyrinthe, l'équipe d'Acade marchait lentement, sans un bruit.

Ils tombèrent sur un homme, qui se tenait devant eux, sans bouger.

— Des mortels... Qui êtes-vous ? Et où sommes-nous ?

Mais aucun des trois ne cessa de marcher. Ils le dépassèrent, sans même le regarder.

— Création de domaine, dit alors l'homme. La Cour suprême.

Une bâtisse se matérialisa. Ils se retrouvèrent dans un tribunal. L'homme se tenait à la place du juge ; deux créatures — l'une armée d'un grand marteau, l'autre d'une épée — se tenaient de part et d'autre de lui.

— Je suis le Juge suprême. Dans mon domaine, la violence est interdite. Quiconque l'enfreint sera jugé, et condamné à la peine capitale.

Les deux entités humanoïdes se redressèrent.

— Le jugement va maintenant commencer.

2. Jugement Impossible

Soudain, le domaine se dissipa.

— Impossible, dit le juge. Il ne peut y avoir qu'une seule raison.

Il reprit :

— Il ne peut y avoir de jugement — car l'un d'entre vous ne possède pas d'âme.

D'un simple geste de la main, Victor fit s'abattre deux blocs de mur, de part et d'autre du juge, qui lui écrasèrent la tête.

Son corps tomba.

3. À l'Infini

Ils voulurent reprendre leur route — mais un vent se mit à souffler, et le corps du Juge suprême se remit à se reformer. Les deux blocs écrasèrent de nouveau le corps, en pleine reformation.

— HA ! On va le tuer à l'infini ? dit Arusia.

— Ça a l'air de te plaire, à ce que je vois, dit Victor.

— Oui. Ça me plaît. J'aime voir ça.

À chaque fois que le corps se reformait, les blocs l'écrasaient de nouveau.

Arusia observait, avec passion. Kayus, lui, regardait, sans la moindre émotion, ni expression.

4. Les Enfants des Dieux

Après plusieurs minutes, Victor laissa le corps se reformer entièrement.

— Attendez ! Je vous en prie.

Le juge reprit :

— Vous aussi, vous êtes des enfants des dieux.

Les blocs l'écrasèrent de nouveau.

— Tu lui as même pas laissé le temps de parler, dit Arusia.

— Ses paroles me donnaient sommeil. Je veux pas dormir, dans ce labyrinthe.

Le corps se reforma encore.

— Pourquoi ? dit le juge.

— Hum ? fit Arusia.

— Pourquoi faites-vous cela ? Ne sommes-nous pas du même co—

Les blocs l'écrasèrent de nouveau.

— Uhu. Je ne me lasserai jamais de voir ça, dit Arusia.

— J'ai envie d'écouter ce qu'il dit, dit Victor. Mais en même temps, il m'ennuie.

Le corps se reforma une fois de plus.

Le juge se mit alors à implorer :

— Je vous en prie, ne—

Il fut écrasé de nouveau.

Le même scénario se répéta dix fois, puis vingt, puis trente.

5. Le Spectacle

À l'extérieur, le public restait sans voix.

— C'est affreux, dit un spectateur.

— Ils sont effrayants, dit un autre.

— Je n'aimerais pas être à la place de cet avatar.

— Qui aurait cru qu'un avatar pouvait implorer la pitié ?

— Ça suffit, dit Melus.

Après que l'avatar fut écrasé, le juge ne se reforma plus.

— Ah, c'est déjà fini ? dit Arusia.

— On dirait, dit Victor. Bien. Allons-y.

Ils reprirent leur route, comme si de rien n'était.