~6 min de lecture
Scènes (3)

Chapitre 53 — Le Perdant

1. Hannah

Dans la salle d'opération, Hannah poussait, mais le bébé refusait de sortir. Elle pointa son arme sur le médecin.

— Tirez-moi ce putain de parasite !

— Ce n'est pas ainsi que ça se passe, dit le médecin en chef. La procédure est délicate, sinon nous allons perdre le bébé.

Hannah lui tira alors une balle dans la tête. Il s'effondra. Elle visa les autres.

— Même s'il faut le sortir en pièces, tant qu'il sort ! Que l'un d'entre vous vienne tirer, j'ai un mal de chien !

L'un d'eux s'approcha, introduisit sa main, saisit l'enfant et se mit à tirer — mais l'enfant ne sortait pas.

Agacée, Hannah tua tous les médecins de la pièce. Elle introduisit alors sa propre main, et se mit à tirer l'enfant, à le faire sortir morceau par morceau, jusqu'à ce que tout soit sorti. Lorsqu'elle eut fini, elle se leva et quitta la salle, laissant derrière elle une traînée de sang.

Quelques minutes plus tard, son mari arriva, et découvrit la scène : des médecins tués, son enfant en morceaux, sa femme disparue. Il crut d'abord que quelqu'un s'en était pris à sa famille, mais, après avoir consulté les vidéos de surveillance, il vit son épouse Marta quitter les lieux, l'arme à la main, le sac au dos, la robe maculée de sang.

Il lança ses hommes à sa poursuite.

Lorsque Hannah, dans le corps de Marta, sortit de l'édifice, elle se retrouva dans une rue où tous les habitants portaient des uniformes : elle était la seule à être différente. Les gens la regardaient, se demandant ce qui se passait avec elle. Elle entendit alors des hommes crier, derrière elle : les hommes de son mari la poursuivaient. Elle se mit à tirer en l'air, provoquant un mouvement de panique, dont elle profita pour leur échapper.

Elle se retrouva dans une ruelle sombre, souffrant de ce qu'elle venait de faire. Elle s'assit, et se mit à réfléchir à la façon dont elle allait quitter cet endroit. C'est alors que la ville disparut, et qu'elle se retrouva dans l'arène, seule face à Exus, qui la regardait.

— C'est d'une telle cruauté, dit Exus.

— Ferme-la. Je n'ai jamais postulé au job d'épouse.

— Tu le seras pourtant, un jour.

Hannah sortit son arme, la pointa sur Exus et tira. Le projectile entra dans sa tête — mais Exus se tenait toujours devant elle.

— On ne peut pas tuer l'arbitre.

— Ferme ta gueule, et dis-moi si j'ai réussi ou pas.

— Ton acte était si cruel que le public, horrifié de voir à l'écran une femme arracher son propre bébé morceau par morceau, en a été profondément choqué. J'ai donc dû interrompre l'épreuve, et je t'accorde une victoire par forfait. Tout aurait été fini si tu étais sortie de cette ville.

2. Le Perdant

Le temps reprit son cours. Ingene, Ruji et Yuri passèrent à l'attaque : Ingene se mit à combattre l'homme, tandis que Ruji et Yuri allaient s'en prendre à la femme et aux enfants.

Ingene eut du mal à tuer l'homme, qui semblait avoir une bien meilleure maîtrise des flammes turquoise et de l'Œil du Soleil. Lorsqu'il en eut fini, il remarqua que la femme avait vaincu Ruji et Yuri. Il l'attaqua alors, et, après un long combat, parvint à la vaincre.

Il regarda ensuite les trois enfants, tous plus jeunes que lui. Mais il ne les tua point. Il trancha la main de l'homme et celle de la femme, puis s'en alla. Il ramena ces mains au patriarche, qui l'attendait au village, et fit son rapport, disant qu'il avait également réglé le compte des enfants. Mais lorsque le patriarche lui demanda où était la preuve, Ingene ne put répondre. Le patriarche le traita alors de perdant. À ces mots, Ingene s'en prit au patriarche, et l'élimina.

— Le perdant, c'est celui qui s'en prend à des enfants.

Alors qu'il finissait sa phrase, deux personnes entrèrent dans la tente. Ingene les regarda, et se figea un instant : il s'agissait de son père, Nagoro, et de sa mère, Mika. Ils virent le patriarche au sol, calciné, et se mirent en position de combat.

Ingene n'eut d'autre choix que de se mettre en position de combat à son tour, et affronta ses parents. Mais il prit l'ascendant, et parvint à les vaincre sans les tuer.

Puis il sortit, et quitta le village. Tandis qu'il avançait, tout disparut autour de lui : il se retrouva seul dans l'arène, devant Exus, qui lui adressait un grand sourire.

— L'Histoire nous a prouvé que les Nakura étaient des gens au sang chaud, et le présent continue de nous le dire. Vous êtes prêts à tuer les autres, tout comme vous êtes prêts à vous entretuer. C'est la seule raison pour laquelle vous vous éteignez.

— Peu importe.

— Félicitations, Ingene Nakura.

— ...

3. La Troisième Option

Jamila marchait dans la forêt, éclairée par le clair de lune. Elle remarqua qu'elle possédait son équipement, et continua de marcher avec assurance.

Puis elle s'arrêta.

Devant elle se tenait Luwi. Une vingtaine d'hommes l'entourèrent alors.

— Je me demande si c'est ton pouvoir qui ne fonctionne pas, ou si c'est toi qui es stupide, dit Luwi.

— Je connais une autre brute dans ton genre, dit Jamila. J'en conclus que les gens comme vous n'ont pas de cervelle, mais des muscles. Vous êtes idiots et stupides.

Dans la loge yelazienne :

— Nous traite-t-elle de stupides !? dit Lushiro.

— Calmez-vous, mon cher, dit Rueji, ou vous lui donnerez raison.

— Quelle insolente ! dit Luwi. Je comptais te laisser partir, après que tu nous aurais livré Moramas. Mais je vais plutôt te livrer à mes hommes.

Il reprit :

— Faites d'elle ce que vous voulez. Si vous voulez vous la partager, allez-y ; la tuer, la torturer, peu importe. C'est mon cadeau pour vous.

Les hommes de Luwi s'approchèrent d'elle et tentèrent de la saisir, mais elle esquivait, et leur tirait des fléchettes dans les tendons des pieds, ce qui les immobilisa.

Puis elle sortit ses dagues, et s'en prit à Luwi. Mais Luwi était bien plus fort, et la repoussa. Jamila en profita pour lui planter une fléchette dans le cou, puis fonça vers lui et l'égorgea.

Lorsqu'elle eut fini avec lui, elle retourna auprès de Moramas, le prit avec elle, et ils continuèrent à marcher.

Alors, toute la forêt se dissipa, et elle se retrouva dans l'arène, face à Exus.

— Cela ne s'est pas passé ainsi, mais disons que c'est une belle issue, dit Exus.

— Si, cette nuit-là, Shana avait vaincu Luwi et tous ses hommes, Moram se serait bien passé de l'aide d'Acade, dit Jamila.

— Je n'en suis pas si sûr, dit Exus. Contrairement aux autres nations, Yelaz est un empire guerrier, où le plus fort domine. Si le plus fort meurt, il ne l'est plus, et un autre le remplace aussitôt. Vous auriez simplement eu affaire à un empereur yelazien, probablement plus cruel que Luwi.

— Peut-être, dit Jamila.

— Félicitations, Jamila Nafista, dit Exus.