Chapitre 56 — Mon Kenshin
1. Le Paquet de Chips
Après cela, ils se dispersèrent en petits groupes.
Rime et Jamila étudiaient les capacités des autres participants en observant des extraits des épreuves précédentes. Mayuri aidait Eoga à s'entraîner au corps à corps avec son nouvel équipement.
Ingene sortit marcher, et Farad le suivit.
— C'est une habitude de suivre les gens, dans cette équipe, ou quoi ?
— Pour tout te dire, je n'ai rien à faire.
— Tu as des chips sur toi ?
— Juste un paquet. Tu veux goûter ?
— Un peu.
Farad lui passa son paquet de chips. Ingene l'ouvrit, goûta, puis cracha aussitôt.
— C'est immonde. C'est quel goût ?
Il retourna le paquet, et lut : « À l'oignon et au piment ».
— Ce sont les meilleures, dit Farad.
— Comment tu peux manger un truc pareil ?
Farad resta calme un moment, à le regarder.
— Comme quoi, l'armoire à glace peut aussi parler. Tu parles rarement, d'habitude.
Ingene se rendit compte de ce que Farad venait de dire, et changea d'attitude.
— Ça peut arriver...
— Pourquoi fais-tu semblant d'être sans émotion et sans expression ? Tu es quelqu'un de plus attentionné et de plus gentil que tu ne le laisses paraître. Ne serait-ce pas mieux de laisser cette facette de toi s'exprimer ?
— Ça ne te concerne pas.
Puis Ingene brûla le paquet de chips.
2. La Princesse Élisienne
Tandis qu'ils avançaient, ils tombèrent sur Lila, qui venait en sens inverse.
Les trois s'arrêtèrent, et se regardèrent.
— C'est la princesse élisienne, murmura Farad à l'oreille d'Ingene.
— Je sais, dit Ingene, d'une voix normale, sans se tourner vers Farad.
— On fait quoi ?
— Je ne sais pas.
— Elle est mignonne, tu ne trouves pas ?
— Peut-être.
— Eoga craquerait, tu penses ?
— Je ne sais pas.
— Euh... salut, dit Lila.
— Salut.
— Je tenais... à te rencontrer.
— Je n'ai pas l'intention de m'approcher de toi ni de ta famille, si c'est ce que tu voulais. J'ai déjà conscience des tensions qui existent entre les Nakura et la famille impériale élisienne. Si je suis ici, c'est pour mes propres intérêts.
— Je-je vois...
— C'était bien cela que tu voulais dire ? Car je ne vois aucune raison pour laquelle la fille de Lalida Shaon viendrait à ma rencontre.
— Oui... c'est ça.
Ingene et Farad reprirent la route.
— Tu y es allé un peu fort, je trouve, dit Farad.
— Sa grande sœur m'a averti avant que je quitte Nilor. Et puis, je ne veux pas avoir affaire à Élise, encore moins à ceux de la famille impériale. Ils haïssent probablement les Nakura.
— Mais quand même...
3. Mon Kenshin
Tandis qu'ils s'éloignaient, Lila était restée sur place, fixant le sol, sa chevelure rose cachant son visage.
Amina, qui observait en cachette, vint à sa rencontre.
— Je suis désolée. Les Nakura ont la réputation d'être froids et inaccessibles, mais je ne pensais pas que c'était à ce point.
Elle se tourna vers Lila.
— Lila ? Ça va ?
— Inaccessible..., murmura Lila.
— Pardon ?
— Il est inaccessible. Comme Kenshin, il est inaccessible.
Elle leva la tête, et regarda Ingene, au loin. Elle posa ses deux mains sur ses joues.
— Mon Kenshin...
J'avais oublié que c'était Lila, pensa Amina.