Chapitre 89 — Frères d'Armes
1. Le Nouveau Capitaine
Tous les participants allèrent donc à leurs occupations.
Mayuri vint à leur rencontre pour un petit briefing.
— Il ne reste plus que trente-trois équipes en course, dont la majorité viennent de Diter, d'Astaria et d'Eucarion. Bien qu'ils dominent en nombre, le fait de venir d'une même nation ne fait pas d'eux des alliés : vous n'avez donc pas à craindre. Cependant, avec autant d'équipes, je crains que la prochaine épreuve ne soit vraiment très éliminatoire. Faites attention à ce détail. Rime, je te charge d'être le capitaine de l'équipe pour la prochaine épreuve.
Cependant, personne ne répondit.
Ingene observait simplement, comme d'habitude, Farad également. Mais Rime fixait le sol, et Eoga était déconcentré.
— Rime, regarde-moi.
Rime ne leva pas la tête.
— Regarde-moi quand je te parle, Rime Flodem.
Rime leva la tête.
— C'est toi, le nouveau capitaine. Mène à bien la prochaine épreuve. Ne me déçois pas.
2. Le Corps de Jamila
Mayuri voulut se retourner pour partir, et Rime dit :
— Que va-t-il arriver au corps de Jamila, ainsi qu'à sa fille ?
Mayuri s'arrêta, et ne répondit pas directement.
— Contente-toi de mener à bien la prochaine épreuve. Le reste ne te concerne pas.
Puis Mayuri sortit.
Un silence pesait dans la salle. Personne n'osait parler.
3. Pourquoi Êtes-vous Ici
— Je peux vous poser une question ? À chacun de vous, dit Rime.
— Vas-y, pose-la, dit Farad.
— Pourquoi êtes-vous ici ? C'était quoi, votre but, depuis le départ ?
— Pourquoi cette question ?
— Répondez simplement.
Farad soupira, puis répondit :
— Moi, j'ai été forcé d'y participer par sir Pensal Yem, du Conseil, après qu'Ingene m'a recommandé. Je n'ai pas vraiment de but dans ce tournoi. Je m'en fiche un peu.
— Moi, je veux cogner, dit Eoga, pour montrer à mon père que les poings parlent mieux que le cerveau.
— Pour les papiers, dit Ingene.
— Je vois... Moi, je suis ici pour attirer des investisseurs sur mes projets.
Il reprit :
— Je ne vous connais que depuis moins d'un mois, mais, sans vous mentir, je vous considère comme mes frères d'armes.
4. Une Proposition
— Je vais vous proposer un truc. Et si on se foutait de la prochaine épreuve, et si on allait buter cette blonde et son équipe ? Vous en dites quoi ? Toi, Farad, tu n'as rien à perdre, n'est-ce pas ?
— Je ne veux juste pas mourir.
— Et toi, Ingene ? Tu as reçu tes papiers avant la troisième épreuve, si je ne me trompe pas.
— Oui.
— Et toi, Eoga ? Si c'est pour frapper, alors tu seras servi.
Il ajouta :
— Je n'ai plus rien à faire de la victoire. Je veux juste mettre cette équipe hors jeu. Vous me suivez, ou pas ?
— Perso, je n'ai jamais visé la victoire, dit Eoga.
— Tant que je ne meurs pas, dit Farad.
— Peu importe, dit Ingene.
— Très bien.
5. Le Démon
Dans le couloir, Mayuri écouta la conversation, puis s'en alla. Elle alla rejoindre Elay dans le salon VIP.
— Alors ? dit Elay.
— Ils ne comptent plus sur la victoire, mais sur la vengeance.
— C'est une motivation.
— Dois-je vraiment les laisser agir ainsi ?
— As-tu déjà entendu parler du Démon ?
— Oui. Celui qui est à l'origine de la mort de Mercury Wyer.
— En effet. Son histoire est assez intéressante. Durant la Guerre Sanglante, il était général dans l'armée élisienne, sous les ordres du gouverneur Alter Shaon, aux frontières entre Astaria et Élise. Face à lui, un Astarien. Un seul. Ses hommes furent massacrés par cet homme, qui possédait l'Héritage du Maître d'Armes. Son désir de vengeance était si immense qu'il finit par obtenir l'Héritage du Berserk, ce qui lui permit de vaincre son némésis. Mais ce désir de vengeance était si puissant qu'il faillit réduire l'empire d'Élise en cendres. Sans l'Ordre des Gardiens, personne n'aurait pu arrêter un tel monstre.
Elle reprit :
— Aujourd'hui, l'équipe nilorienne désire se venger. Je peux t'assurer qu'ils obtiendront leur vengeance. Ils brilleront lors de la prochaine épreuve, crois-moi.
— La colère et le désir de vengeance mènent à l'effusion de sang.
— Justement...