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Scènes (2)

Chapitre 2 — Les Trois Flèches

1. Le Signal

À la porte nord — désormais verrouillée pour la nuit — un homme s'approcha, de l'intérieur.

— Fais demi-tour, dit le garde. Si tu veux sortir, attends demain.

L'homme s'avança sans un mot.

Puis, d'un geste rapide, lui trancha la gorge.

Les autres gardes n'eurent pas le temps de réagir. D'autres hommes surgirent des recoins sombres, et les abattirent tous.

Puis ils ouvrirent la porte.

L'un d'eux prit une flèche, l'enflamma, et la tira vers le ciel.

Puis une deuxième.

Puis une troisième.

Dans la ville, on remarqua ces trois flèches.

Du côté d'Azurus—

— Qu'est-ce que c'est ? demanda Marie.

Du côté d'Inda, qui vit la flèche aussi—

— ...

Il fit volte-face, et repartit aussitôt en direction de la rivière.

Puis, soudain, dans toute la ville, des hommes dégainèrent leurs épées, et se mirent à tuer tous ceux qu'ils croisaient.

2. Le Massacre

Toujours au nord de la ville, le prêcheur reprit la parole.

— Vous qui avez refusé la voix offerte par les dieux... vous allez maintenant subir le châtiment qui vous était réservé. Payez le prix de l'offense. Payez le prix de la désobéissance !

Le désordre éclata.

Les soldats chargés de défendre la ville furent aussitôt débordés, désorientés — d'autant que l'ennemi se trouvait déjà parmi eux.

Des centaines d'hommes en armes, portant la bannière de Melthrite et d'Eliresy, franchirent la porte nord grande ouverte, à cheval, et se ruèrent dans les rues.

Ils tuèrent tout le monde.

Hommes.

Femmes.

Enfants.

Personne n'y échappa.

Du côté d'Azurus, le carnage commença.

Ils virent des gens — certains qu'ils connaissaient depuis toujours — se faire abattre par des hommes armés d'épées.

Encore sous le choc, incapables de bouger—

La tête de Marie s'envola.

Avant même qu'ils n'aient eu le temps de réagir.

Un soldat surgit alors, pour protéger les enfants.

— PARTEZ !

Azurus restait figé, en état de choc.

Mais Luminara le tira violemment par le bras.

Ils coururent à travers les rues en flammes, le sol détrempé de sang sous leurs pieds.

Ils s'arrêtèrent dans un recoin sombre.

Azurus regarda autour de lui.

Et vit le corps d'Andan, gisant au sol.

Un des hommes les remarqua, et commença à s'approcher.

Puis, soudain, des cris — des hommes qu'on massacrait — retentirent derrière lui.

Il se retourna.

Tous ses compagnons gisaient au sol.

Morts.

Avant qu'il n'ait eu le temps de comprendre ce qui se passait, une lame s'enfonça en lui.

Un jeune garçon — seize ans, tout au plus — venait de le poignarder en plein cœur.

Puis, d'un seul geste, la lame le trancha en deux.

Azurus, traumatisé par la scène, ne pouvait plus bouger.

Il releva lentement la tête, et regarda le garçon qui s'approchait.

Il reconnut son visage.

C'était Inda.