Chapitre 9 — Le Maître d'Armes
1. Le Camp Ennemi
Après quelques heures à cheval, Inda atteignit enfin le camp ennemi.
Au loin, les gardes le repérèrent.
Il descendit de son cheval, fonça sur eux — et les trancha, avant même qu'ils n'aient eu le temps de réagir.
Il entra dans le camp, et marcha tranquillement, découpant tous ceux qui se trouvaient sur son chemin.
2. La Déesse
Dans l'une des tentes se trouvaient les prisonniers du camp du miracle.
Ils étaient pris de panique.
— Qu'est-ce qui va nous arriver ? demandaient-ils.
— Pour l'instant, ils nous gardent en vie, dit le médecin-chef. Ils cherchent quelque chose.
— Ils veulent sûrement connaître le secret du miracle, avança l'un des évêques.
Une voix, venant de l'extérieur, se fit alors entendre.
— Pas tout à fait.
Une femme entra dans la tente. Bien habillée. Fière.
— Nous connaissons le secret derrière ce miracle.
Elle marqua une pause étrange, et rapprocha son visage de celui de l'évêque.
— Je cherche la personne derrière tout ça. Et elle se trouve ici. Parmi vous.
— Nous ne sommes que des serviteurs du miracle, répondit l'évêque.
— Ignorant. Tu es ignorant. Tellement ignorant ! Hihihi. Ignorant, ignorant...
Elle se mit à chantonner, d'une voix étrange.
Les prisonniers l'observaient, entre curiosité et malaise.
Puis elle s'arrêta, net.
— I... gno... rant...
Elle posa son regard sur lui.
— Pourquoi oses-tu poser les yeux sur moi ? Comment oses-tu regarder une déesse en face ?
Son regard était à la fois vide. Et empli de haine.
Elle le toucha.
Il explosa.
Les femmes se mirent à hurler. Les hommes, à trembler.
— Comment... COMMENT oses-tu poser le regard sur une déesse comme moi !?
Tout au fond de la tente, Luminara observait la scène, terrifiée.
— Vous êtes ignorants, reprit la femme. Mais je vous fais l'honneur de me présenter : je suis la déesse qui porte le titre de « Maître d'Armes ». Et parmi vous se cache la déesse qu'on appelle « la Sainte ».
— Je sais que tu es là, Sainte, dit-elle. Tu te caches parmi ces déchets. Montre-toi.
Aucune réponse ne vint.
Elle se mit à sourire. Puis à ricaner.
3. La Proie
— On va jouer, alors. À un petit jeu. Ça s'appelle le prédateur et la proie. Mais...
Sa voix se fit grave.
— C'est toi, la proie.
— Je vais toucher une personne. Puis une autre. Jusqu'à toutes les tuer. Si tu décides de continuer à te cacher, tu mourras avec ces faibles. Mais si tu veux les sauver... alors révèle-toi.
Elle sourit.
— Allez. Je compte jusqu'à trois.
— Un... Deux...
— Trois !
Elle voulut toucher le médecin-chef.
Mais soudain, une lumière dorée le recouvrit.
— Trouuuuuvée.
Elle tourna son regard, droit vers Luminara — dont les cheveux flottaient, lumineux.
— C'est donc là que tu te cachais, Sainte.
Luminara se leva, et prit la parole.
— Je ne te laisserai pas leur faire du mal. Plus jamais.
— Mais... comme tu es belle ! Hooo. Cette chevelure blanche. Cette prestance. Tu es parfaite ! Parfaite, parfaite, parfaite ! La Sainte parfaite ! Je suis siii jalouse...
Puis, soudain, d'un ton grave :
— Je te déteste. Pourquoi es-tu si parfaite. Je—
Elle s'interrompit.
Elle appela l'un de ses hommes.
— Toi. Viens ici.
Quand il s'approcha, elle le toucha.
Il explosa.
Tout le monde était figé de terreur.
— Ce n'est toujours pas suffisant, dit-elle. Pour satisfaire ma colère.
Elle tourna son regard vers les prisonniers.
Mais Luminara s'avança, et se plaça entre elle et eux.
— Je vois, dit la femme. Peu importe. C'est toi que je suis venue chercher. Allons-y. Le créateur t'attend.
— Je ne viendrai pas avec vous.
— Tu n'as pas compris ?
— Création de Domaine. Arsenal.
Soudain, tous les objets alentour — ainsi que la tente elle-même — explosèrent en poussière.
— Si tu veux revoir tes fidèles en vie, ne me provoque pas.
Face à cette menace, Luminara resta de marbre. Terrifiée, mais immobile.
— Emmenez-la.
On emmena Luminara.
Elle suivit, sans résister — laissant les prisonniers sous surveillance.