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Scènes (4)

Chapitre 1 — Lila Tagiir

1. Nefditelly

Nefditelly, capitale élisienne.

Au sein du grand palais impérial, un homme courait dans les couloirs, bousculant plusieurs personnes au passage.

Dans la salle de réunion impériale :

— Les préparatifs pour faire transiter les participants vers Agule sont terminés, dit le duc Rana Devendra Vardan. Et nous avons obtenu l'autorisation d'Acade pour laisser embarquer les nobles de l'Union sur leurs navires.

— Qu'en est-il de la sécurité élisienne ? demanda l'impératrice élisienne, Lalida Shaon — une femme à la longue chevelure violette et lisse, aux pupilles violettes, et à la posture noble.

— Nous avons renforcé la sécurité, et placé nos villes de transit sous haute surveillance, répondit la duchesse Zahile Yücel.

Puis, soudain, la porte s'ouvrit violemment. L'homme arriva, essoufflé d'avoir couru.

— Veuillez pardonner mon intrusion subite, votre majesté.

— Qu'y a-t-il ? demanda Lalida.

— Votre fille... Elle s'est encore rendue dans un centre d'entraînement supérieur.

— Prévenez mon frère, immédiatement.

2. Le Centre d'Entraînement

Quelque part dans la ville, dans un centre d'entraînement, des personnes s'exerçaient à toutes sortes d'épreuves sur le terrain — quand un groupe débarqua. En tête se trouvait une fille, en robe courte mais noble, à la chevelure bouclée et tressée d'un côté.

Tous la reconnurent, et s'inclinèrent.

Le gérant se précipita vers elle.

— Je vous salue, votre altesse Lila Tagiir. Que me vaut votre visite ?

— Je suis venue voir comment se passent les entraînements. Alors, cher gérant — comment se passent les entraînements ?

— Comme vous pouvez le voir, ils se déroulent bien. Nous sommes prêts pour le tournoi des Supérieurs.

— Je vois. J'aimerais me joindre à eux, moi aussi.

— Me joindre ? Mais... mais c'est assez dangereux. Vous risquez de vous blesser.

— Ne vous inquiétez pas. Je prends tout le monde ici en témoin : personne ne sera tenu responsable de ce qui pourrait m'arriver.

— Je t'en prie, Lila, intervint Amina Cana, son amie. Cela n'est pas digne d'une fille de ton rang.

— Mais ce n'est pas interdit.

Elle se tourna vers le gérant.

— Qui est votre plus fort candidat ?

Il pointa un homme, un peu en retrait, isolé des autres.

— Celui-là. C'est notre candidat le plus promett—

Avant qu'il n'ait fini sa phrase, elle s'était déjà mise en marche vers lui.

3. Le Plus Fort Candidat

— Que personne n'intervienne, quoi qu'il m'arrive, dit Lila.

À ces mots, ses gardes se mirent à paniquer — surtout que leur rôle était justement de la protéger.

Elle arriva devant l'homme.

— À quel point es-tu fort ?

— Je suis assez fort pour affronter tout le monde, ici présent, à moi seul, sans difficulté.

— Très bien. Affrontons-nous.

— Excusez-moi... Vous me dites de vous affronter ?

— Oui.

— C'est-à-dire que je...

— Ne t'en fais pas. Considère-moi comme ton adversaire. Ne retiens pas tes coups — c'est un ordre. Sinon, tu en paieras le prix fort.

Hésitant, le candidat regarda son chef, qui lui fit un signe de tête négatif.

— Je vous présente mes plus plates excuses, votre altesse, mais je ne peux pas me permettre—

Soudain, Lila créa une orbe de vent dans sa main, et l'utilisa contre lui. Il généra aussitôt un bouclier d'holomatérialisation — mais fut tout de même projeté de quelques mètres en arrière.

Il releva les yeux vers Lila, qui tenait désormais, dans son autre main, une épée d'énergie rose.

— Je t'ai dit de ne pas retenir tes coups.

Sans crier gare, elle fonça sur lui à toute vitesse. Il créa une holo-épée pour parer — mais Lila la trancha net, puis, d'un coup de pied au sol, fendit la terre, en libérant des flammes roses, semblables à des flammes d'enfer.

Le candidat perdit l'équilibre, et manqua de tomber — mais d'un claquement de doigts, des chaînes roses apparurent, et l'enchaînèrent. Puis elles se mirent à se resserrer.

L'homme se mit à crier de douleur.

4. Oncle Balzer

Le gérant voulut intervenir, mais Amina prit la parole.

— Ne fais pas ce que tu regretteras. Attends.

Lila tendit son épée d'énergie vers l'homme, et voulut la lui planter dans la cuisse gauche — quand une main saisit la sienne.

Elle se retourna, et découvrit cet homme, l'air mécontent.

L'expression de Lila fut celle d'une personne qu'on venait de surprendre en pleine bêtise.

— Oncle Balzer...

Le visage de Balzer affichait une fureur froide.

— Enfin, dit Amina.