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Scènes (2)

Chapitre 55 — Les Papiers d'Ingene

1. Une Journée de Pause

— Avant de passer à la prochaine épreuve, annonça Exus, une pause d'un jour est accordée.

Tandis que tout le monde quittait l'arène, Lila s'arrêta, et regarda Ingene s'éloigner avec son équipe.

— Tu ne vas pas lui parler ? demanda Amina.

— J'aimerais bien, mais... je ne sais pas. Peut-être pas.

— La Lila que je connais ne répondrait pas ça. Elle y va, et elle défie tout ce qui se trouve sur son chemin.

— Oui, mais... et s'il n'était pas comme lui ? Et si c'était juste Ingene, et pas Kenshin ? Et si je me trompais ?

— N'est-ce pas évident ? Lui, c'est Ingene, et non Kenshin. Ce sont deux personnes différentes, deux Nakura différents, qui ne se connaissent probablement pas. Mais, au fond, si tu trouves qu'il a les qualités que tu cherches, alors vas-y. On ne connaît pas la prochaine épreuve, on ne sait pas ce qui pourrait arriver.

— Mais mère n'acceptera jamais..., commença Lila.

— Ta mère a eu droit à son Nakura, tu peux en avoir un si tu le veux. De mon point de vue, je ne vois pas de quoi te reprocher quoi que ce soit — et de toute façon, à quoi s'attendait l'impératrice, en te bourrant la tête de récits sur Kenshin ? Fonce, et parle-lui.

— D'accord !

Lila voulut partir, mais se retourna.

— On doit d'abord aller à la rencontre de mère.

— Oui, tu as raison.

2. Le Cadeau du Conseil

De retour à l'hôtel, Elay attendait son équipe, aux côtés de Mayuri.

— Mes choux, vous m'impressionnez ! Vous étiez magnifiques ! S'il n'y avait pas un mineur parmi vous, je vous aurais tous incités à me rejoindre pour une célébration spéciale.

— C'est sans moi, dit Jamila.

— Non merci, dit Eoga.

— Sans façon, dit Rime.

— Futile, dit Ingene.

— Moi, j'aurais accepté, dit Farad.

Mayuri posa la main sur son visage, et soupira.

— Quoi qu'il en soit, vous êtes de repos jusqu'à demain, dit Elay. Mais avant de vous laisser vous détendre, voici un cadeau de la part du Conseil.

Elle frappa dans ses mains, et cria :

— Faites entrer la surprise !

Des hommes entrèrent avec des caisses en bois. Ils les ouvrirent, dévoilant plusieurs objets et équipements.

— Eoga, pour toi : de nouveaux gants et de nouvelles bottes — un second lot, les précédents n'ayant pas survécu aux épreuves.

— Wouah... Ils ressemblent à ceux que j'avais.

— Et aussi un nouveau casque.

— Non, ça ira.

Il s'approcha cependant de la caisse, en admiration.

— Rime, pour toi : un nouveau lot de drones, recopiés à l'identique.

— C'est pratique.

— Pour toi, Jamila : un équipement de collecteuse d'informations moramien, tout neuf. D'ailleurs, dans celui-ci, tu peux stocker plusieurs fléchettes.

— Merci.

— Pour toi, Farad, on t'a pris des chips... des chips... des chips ? Pourquoi Pensal a-t-il envoyé des chips ?

— J'aime les chips.

— Si tu le dis...

Elle poursuivit :

— Et pour toi, Ingene... Hum... Il n'y a rien. On dirait que tu es le seul à n'avoir besoin de rien...

Elay aperçut alors une enveloppe posée sur l'une des caisses, avec le nom d'Ingene dessus.

— Ah, si, il y a quelque chose. Qu'est-ce que c'est...

Elle l'ouvrit, lut ce qui s'y trouvait, puis s'adressa à Ingene.

— On dirait que tu seras ravi.

Elle lui tendit l'enveloppe. Ingene la prit, et en sortit le contenu.

— Des papiers niloriens.

— Tu es officiellement un Nilorien, dit Elay. Je suppose que tu as accompli ce que Pensal voulait, même si je ne sais vraiment pas ce que c'était.

Elle ajouta :

— Oh, et il y a aussi...

Elle sortit d'une caisse des tenues.

— Des tenues assorties pour l'équipe de Nilor !

— Je peux voir ? dit Eoga.

— Trop cool, dit Rime.

— Elles ne sont pas mal, dit Jamila.

Tandis que les autres admiraient les tenues, Farad s'adressa à Ingene.

— Tu as obtenu ce que tu voulais, plus rien ne te retient. Tu vas continuer le tournoi, ou tu comptes partir ?

Ingene observa d'abord la pièce et tout le monde, en silence.

— Je vais rester un peu. Je m'amuse assez bien ici. Mais si la situation devient incontrôlable, j'abandonnerai.

— Si c'est comme ça, je reste aussi. Je comptais partir si tu partais.

Mayuri, qui avait quitté la pièce, écoutait de loin la conversation de Farad et d'Ingene.